À l’aube de sa quatrième saison, la formation sherbrookoise était perçue parmi les favorites de l’édition 2015-2016 de la LHJMQ. Le début de saison n’est toutefois pas celui auquel on s’attendait. Est-ce une question de temps avant de la voir s’envoler pour de bon?Au sein d’une division relevée en compagnie des Huskies de Rouyn-Noranda, des Foreurs de Val-d’Or, des Olympiques de Gatineau ou encore des Voltigeurs de Drummondville, il faut se retrousser les manches si on veut s’extirper en tant que champion d’un groupe aussi talentueux.
Côté talent, le Phoenix n’a pas grand-chose à envier aux équipes mentionnées plus haut. Jérémy Roy, Carl Neill, Daniel Audette, Julien Pelletier, Guillaume Gauthier, Kay Schweri et Evan Fitzpatrick, voilà une brochette qui regorge de talent pur. Pourtant, la troupe de Judes Vallée n’arrive pas à performer aussi bien que ses rivales. Au moment d’écrire ces lignes, Sherbrooke pointait au sixième et dernier rang de sa division, trois points derrière l’Armada de Blainville-Boisbriand avec une fiche de quatre victoires, sept défaites et une défaite en prolongation. Il est évident que les absences des joueurs-clés, tous à leur camp professionnel respectif, n’a pas contribué en levée de rideau. Par contre, tout ce beau monde est revenu et Sherbrooke peine à maintenir un rythme constant. À preuve, le Phoenix a amorcé la saison avec une séquence de quatre défaites avant de signer trois gains consécutifs. Par la suite, l’équipe des Cantons-de-l’Est a encaissé trois nouvelles défaites en ligne avant de renouer avec la victoire contre le Titan d’Acadie-Bathurst. De vraies montagnes russes!
La notion d’équipe doit prendre l’ascendant Qu’est-ce qui peut expliquer une telle situation? Évidemment, vos réponses sont aussi bonnes que les miennes. Néanmoins, lorsque questionné suite à la victoire des siens face au Titan, l’entraîneur-chef Judes Vallée a soulevé un excellent point sur la situation qui afflige son équipe. « Je ne suis pas très heureux de la façon dont on s’est comporté. Nous avons accordé 45 tirs à l’adversaire. […] On dirait que tout le monde veut marquer son petit but. À 3-0, c’était encore revirement par-dessus revirement parce qu’on essayait trop. Peut-être qu’on pense un peu à notre fiche personnelle. Nous avons eu quelques rencontres importantes, dont une entre le directeur général et nos vétérans. Certains tardent à vouloir comprendre… » Ces propos sont assez éloquents. Une portion de la problématique a été identifiée et les dirigeants de l’équipe vont tenter de corriger le tir avant que le tout dégénère dramatiquement. Également, en plus de cette tendance individualiste, le pilote du Phoenix a avoué vouloir de meilleurs replis défensifs, un travail plus efficace avec la rondelle en zone défensive et une plus grande communication sur la patinoire. Il s’agit de détails, mais si l’effort collectif n’y est pas dans ces aspects, la situation ne peut pas s’améliorer en claquant des doigts.
Du positif sur lequel bâtirSi le jeu défensif connait des ratés, il faut concéder que les unités spéciales font un travail colossal depuis le début du calendrier régulier. Avec une efficacité de 26,3% en avantage numérique, le Phoenix siège au troisième rang du circuit Courteau à ce chapitre. Il faut dire que la force de frappe de Sherbrooke est tout simplement impressionnante. Roy, Neill, Audette, Gauthier, Pelletier, Schweri et Dufek, ce ne sont pas les armes offensives qui manquent. Pour ce qui est du désavantage numérique, Sherbrooke figure au troisième rang du circuit avec une efficacité de 86,8%. Il s’agit là de chiffres que les meilleures formations du circuit peinent à égaler. C’est donc encourageant pour la troupe sherbrookoise. Il suffit de recréer cette magie lorsque la rencontre se déroule à forces égales.
L’homme masqué Evan Fitzpatrick doit également recevoir les éloges qu’il mérite et ce, malgré quelques faux pas. Il se démène corps et âme afin de donner une chance à son équipe de goûter à la victoire. Le gardien néo-écossais est le deuxième gardien au niveau des tirs dirigés en sa direction. À plusieurs reprises déjà, Fitzpatrick a fait face à des barrages de plus de quarante lancers, ce qui n’est pas une mince affaire. Au-delà de sa moyenne (4,45) et de son efficacité (0,873), le jeune homme de 17 ans a prouvé qu’il était prêt à occuper le poste de gardien partant dans la LHJMQ.
En bout de ligne, si l’effort collectif peut se renforcer, tous les petits détails à améliorer s’effaceront. Si l’offensive peut continuer de fonctionner et que la défensive se resserre pour faciliter la tâche aux gardiens de l’équipe, le train du Phoenix sera difficile à freiner.